En séjour à Bamako, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Aly Youssouf, a été reçu ce lundi en audience par le président de la Transition, Gal Assimi Goïta. Officiellement, il était à Bamako pour “exprimer la solidarité” de l’Union africaine aux autorités maliennes après les récentes attaques terroristes ayant coûté la vie au Gal Sadio Camara, ancien ministre d’État, ministre de la défense, le 25 avril dernier.
Évoquant “un choc pour le continent”, il a “condamné avec la plus grande fermeté le terrorisme multiforme” en cours. Il s’agit, précise-t-il, “du terrorisme médiatique, politique, économique et militaire”.
Il a alerté sur la nécessité de circonscrire très vite le terrorisme pour éviter une propagation aux pays voisins. Il relève que des pays de la sous-région dont le Ghana, le Togo et le Bénin, sont à ce jour menacés, insistant sur le fait que “ce phénomène doit être combattu à l’échelle continentale”. Il a annoncé que l’Union africaine et ses États membres sont là pour aider le Mali à surmonter ces difficultés, surtout dans cette période extrêmement difficile.
En plus du terrorisme, Mahmoud Aly Youssouf a discuté avec la partie malienne de la question du retour à l’ordre constitutionnel. “La commission voudrait engager ce dialogue avec le gouvernement malien pour savoir dans quelle mesure la Commission peut être d’une quelconque utilité dans ce cheminement des autorités maliennes pour restaurer la paix et la stabilité, un cheminement qui aura certainement un horizon politique qui va se manifester par des élections”, a-t-il déclaré à la presse à l’issue de l’audience.
Selon lui, des étapes ont été franchies dans ce sens, rappelant la révision de la Charte de la Transition et l’adoption d’une nouvelle Constitution en 2023. Il estime que “c’est le message de l’Afrique”. “L’Afrique voudrait voir un Mali stable, un Mali qui a des relations parfaites avec ses pays voisins, un Mali où l’ordre constitutionnel est rétabli”, a-t-il précisé.
« La question de la suspension du Mali… »
Il s’est également prononcé sur la suspension du Mali des instances de l’Union africaine en cours depuis 2020. Sur ce point, cette mesure “n’est pas une volonté d’isoler le Mali” mais “une façon de réaffirmer les règles et les procédures qui sont les nôtres”, affirme-t-il.
Pour rappel, le Mali est en transition depuis le coup d’État du 18 août 2020. En 2025, il y a eu une révision de la Charte de la Transition, qui accorde aux autorités actuelles “un mandat de cinq ans renouvelable autant de fois que nécessaire jusqu’à la pacification du pays”.
M.C/NouvelleAfrique






