Par une double déclaration lue à la télévision nationale dans la soirée du 25 janvier 2024, le Colonel Abdoulaye Maïga, porte-parole du gouvernement a officialisé la fin avec effet immédiat de l’Accord d’Alger, signé en mai-juin 2015.

C’était un secret de polichinelle depuis le 31 décembre 2023, date à laquelle le président de la Transition, le Colonel Assimi Goïta a annoncé l’ouverture d’un dialogue direct inter-maliens. C’est désormais officiel. Le gouvernement de la Transition acte la fin de l’Accord d’Alger, accédant ainsi à la demande de dénonciation formulée, le 5 janvier dernier, par le M5-RFP, coalition ayant porté Dr. Choguel Kokalla Maiga à la Primature.

«Le Gouvernement de la Transition constate l’inapplicabilité absolue de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger, signé en 2015 et par conséquent, annonce sa fin, avec effet immédiat», a annoncé le gouvernement dans une double déclaration lue par son porte-parole, le Colonel Abdoulaye Maïga. Cela, en évoquant trois «faits suffisamment graves», qui motivent la décision.

Primo, «le changement de posture de certains groupes signataires». Selon la déclaration, ceux-ci sont devenus des acteurs terroristes et poursuivis par la justice malienne, après avoir commis et revendiqué des actes terroristes. Sur ce point dix chefs rebelles et leaders jihadistes dont Alghabass Ag Intalla, Iyad Ag Ghaly et Amadou Kouffa sont sous le coup d’une enquête de la justice malienne.

Secundo, «l’incapacité de la médiation internationale à assurer le respect des obligations incombant aux groupes armés signataires». Le Mali avait, à ce sujet, formulé des plaintes à travers une lettre de son ministre en charge de la Reconciliation et dudit Accord datée du 24 février 2023 adressée à l’Algérie, chef de file de la médiation internationale.

Tertio, «les actes d’hostilité et d’instrumentalisation de l’Accord de la part des Autorités Algériennes». Bamako dénonce dans la prèmière déclaration l’imposition par Alger d’un délai de Transition aux autorités maliennes de manière unilatérale et l’accueil de «citoyens maliens subversifs et de citoyens maliens poursuivis par la justice malienne, pour actes de terrorisme».

Le gouvernement accuse également l’Algérie d’avoir la volonté de maintenir le régime de sanctions des Nations Unies concernant le Mali. Il reproche aussi à Alger d’avoir une main cachée derrière une manœuvre consistant à imposer un chapitre sur le Mali dans le document final du sommet du Mouvement des non-alignés à Kampala, en Ouganda, sans le consentement des Autorités maliennes.

«Le dialogue direct inter-maliens»

L’annonce de la fin de l’Accord d’Alger est plus ou moins attendue. Cela, après la reprise de Kidal le 14 mai 2023, le départ de la MINUSMA et surtout la brouille diplomatique entre Bamako et Alger matérialisée par le rappel des deux ambassadeurs respectifs.

Après avoir acté la caducité de l’Accord d’Alger, l’Etat mise maintenant sur le dialogue direct inter-maliens, prôné par le président de la Transition. Il appelle les autres signataires non impliqués dans le terrorisme et les partenaires du Mali à s’inscrire dans l’esprit dudit dialogue direct dont la date reste méconnue.

La réaction de l’Algérie attendue

Dans un post sur son compte Facebook, Mohamed Elmaouloud Ramadane, porte-parole du CSP-PSAD estime ne pas être surpris de la décision du gouvernement de mettre fin à l’Accord d’Alger. «A notre niveau le constat date de longtemps. Maintenant il est clair pour ceux qui avaient le moindre doute par rapport à cela», précise-t-il. L’ONU, l’UA et la CEDEAO et l’Algérie n’ont pas encore réagi à l’annonce du gouvernement. Alger pourrait réagir incessamment.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici