Le ministre malien de la Réconciliation, de la Paix et de Cohésion nationale, le Général de corps d’armée Ismaël Wagué, a levé, samedi 20 juin, toute équivoque sur la nature et la cible de la guerre que l’État malien mène. 

À l’appel du Haut Conseil Islamique du Mali (HCIM), plusieurs leaders religieux et fidèles musulmans se sont réunis au Palais de la Culture Amadou Hampaté Ba de Bamako. Son président, Chérif Ousmane Madani Haïdara, y était présent malgré son état de santé (il suit des soins hors du pays depuis un certain temps, selon certains de ses proches). Ce meeting de « prière » avait pour thème: « Conforter la paix et préserver l’unité nationale ». 

Pas de guerre ethnique 

S’exprimant devant cette assemblée, le Gal Ismaël Wagué, ministre de la Réconciliation nationale, a expliqué la nature et la cible de la guerre en cours au Mali. « Nous ne sommes pas dans une guerre de religion ni une guerre contre l’Islam. Nous sommes en guerre contre les terroristes et non contre les musulmans. Beaucoup d’entre nous sont même des musulmans », a déclaré le ministre en bambara, l’une des langues officielles du Mali. 

Au-delà de cet aspect, il a écarté toute idée d’une guerre ethnique. Selon lui, le Mali ne mène pas une guerre ethnique, indiquant que « ce n’est pas une guerre contre les Peuhl, ni contre les Tamasheq, les Dogon, les Bambara et les Arabes, mais une guerre contre les terroristes ». 

Il a fait ces clarifications dans un contexte où le Mali lutte depuis des années contre des groupes armés dont JNIM. Ce dernier, dirigé par Iyad Ag Ghaly, est présenté comme une coalition jihadiste menant des combats pour l’application de la charia. 

Le Chérif Haïdara entre appel et conseil 

Face aux motivations avancées par les groupes armés terroristes, Gal Ismaël Wagué a appelé les leaders religieux à jouer davantage leur rôle consistant à expliquer les principes de l’Islam. Son intervention intervient dans un contexte de dégradation de la situation sécuritaire dans le pays caractérisée par les attaques du 25 avril dernier ayant entraîné la mort du ministre de la Défense, Gal Sadio Camara. 

Chérif Ousmane Madani Haïdara, président du Haut Conseil Islamique du Mali, a appelé à « veiller sur notre pays » et à faire des prières pour les autorités. Selon lui, il ne s’agit pas d’être un soutien ou un opposant à la Transition. Dans son intervention, il a affirmé que le Haut Conseil islamique « ne combattra pas les autorités mais leur dira de faire attention aux obstacles », ajoutant qu’ « elles doivent accepter cela aussi ». 

Le blasphème comme une menace à la paix 

La plus grande faîtière des musulmans au Mali a formulé « des principes et des recommandations » dans une déclaration. L’un des principes concerne sa conviction selon laquelle « les actes terroristes présentés par l’État ne sauraient être le fait de l’islam ». En plus de les condamner avec la dernière énergie, elle réaffirme « son soutien aux autorités dans leur lutte pour la paix, contre le terrorisme et pour le développement du Mali ». 

L’organisation appelle les musulmans au repentir, à la prière et à de multiples invocations pour le retour de la paix et de la cohésion sociale au Mali. Elle recommande à l’État de « mettre tout en œuvre pour la réalisation de ses missions et de l’atteinte de ses objectifs ». Elle demande au gouvernement de « considérer le blasphème contre des symboles de l’islam sacrés comme étant une menace à la paix et à la cohésion sociale ». 

De plus, elle plaide aussi pour l’effectivité de la reconnaissance de la célébration du mariage religieux et l’intégration dans le programme éducatif d’un enseignement religieux afin de prévenir l’intégrisme et l’extrémisme idéologique. Elle met aussi sur la table la question de « l’attribution d’un statut aux leaders religieux ». 

M.C/NouvelleAfrique

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