Mali : l’Armée « s’empare de Kidal » 11 ans après l’avoir perdu

Le président de la Transition, le Colonel Assimi Goïta devant une colonne de militaires

Deux semaines après le départ précipité de la MINUSMA de Kidal, le Colonel Assimi Goïta, président de la Transition annonce la reprise de la ville par l’Armée malienne. Une localité, qui était sous contrôle des groupes rebelles et leurs alliés depuis plus de dix ans.

C’est désormais officiel. L’Armée malienne a « pris ce mardi 14 novembre 2023 position dans la ville de Kidal », a annoncé le Chef d’état-major général des Armées, dans un communiqué, publié ce matin. Elle avait entrepris depuis le 9 novembre dernier « des mouvements stratégiques dans le but de sécuriser et d’éradiquer toute menace terroriste dans la région de Kidal ».

«  Aujourd’hui, nos forces armées et de sécurité se sont emparées de Kidal », a déclaré le Colonel Assimi Goïta, président de la Transition, dans un message lu, ce mardi 14 novembre, à la télévision nationale puis posté sur son compte Twitter devenu X. Selon le Chef de l’État, la « mission n’est pas achevée », précisant qu’elle « consiste à recouvrer et sécuriser l’intégrité du territoire sans exclusive aucune, conformément aux résolutions du conseil de sécurité ».

Le 30 juin dernier, le Conseil de Sécurité de l’ONU avait acté la fin du mandat de la MINUSMA, qui se trouve sur le sol malien depuis dix ans. Cette résolution 2690, adoptée à l’issue de la 9365è séance du conseil de sécurité, précise que les opérations de retrait doivent se faire en étroite consultation du gouvernement de la Transition du Mali.

La rétrocession des camps de la MINUSMA a été émaillée des combats entre l’Armée et les groupes armés signataires de l’Accord d’Alger. Sa principale emprise à Kidal, n’ayant pas fait l’objet de rétrocession, a été abandonnée, le 31 octobre dernier, avant de tomber dans les mains des groupes armés.

Avant la mission onusienne, Bamako, après s’être retiré du G5-Sahel, s’est débarrassé des troupes militaires françaises et européennes (Barkhane et Takuba). Paris, accusé de « d’armer » les groupes terroristes, fait jusqu’ici l’objet d’une plainte déposée auprès de l’ONU par le gouvernement de la Transition. La mise en œuvre de l’Accord d’Alger, signé en mai-juin 2015, connaissait également des blocages depuis des mois.

L’Armée malienne prend ainsi position à Kidal, une ville qui était sous le contrôle des indépendantistes depuis 2012. Une année à laquelle, les rebelles appuyés par les terroristes avaient envahi les trois régions du nord du pays, avec à la clé la proclamation de l’indépendance de « la république de l’Azawad» .

«De lourdes pertes infligées aux GAT»

Pour l’heure aucun bilan chiffré de l’opération de reconquête de Kidal n’est disponible. Toutefois, le Colonel Assimi Goïta à la tête du Mali depuis mai 2021 évoque « de lourdes pertes infligées aux groupes armés terroristes (GAT) ».

Si les groupes armés n’ont pas encore communiqué, la réaction de la classe politique malienne ne s’est pas fait attendre. Plusieurs partis politiques dont l’ADEMA-PASJ, le CNID-FYR, Yèléma (Le Changement), l’Action Républicaine pour le Progrès (ARP) saluent et félicitent l’Armée pour l’accomplissement de sa mission régalienne.  

Sur les réseaux sociaux et dans les rues de Bamako la nouvelle a été accueillie avec « fierté ». « Je n’ai pas d’électricité, mais je suis heureux et très fier de nos autorités. La priorité des priorités pour nous, c’est la sécurité et l’unité. L’occupation de Kidal par notre armée est une grande victoire dont tous les Maliens doivent être fiers », a confié à NouvelleAfrique Oumar Diarra, un commerçant à Baco-Djicoroni, tout souriant.

B.Guindo

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