La CEDEAO, réunie le week-end dernier à Freetown, en Sierra Leone, a déterminé son approche pour discuter avec l’Alliance des États du Sahel (AES). Elle décide d’aller dans les négociations en “bloc unifié” et fait une mise en garde à ses États membres. 

Après son interruption depuis mai 2025, le dialogue entre l’Alliance des États du Sahel et la CEDEAO est dans un processus avancé de reprise. La question a été débattue, dimanche à Freetown, par les chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO au cours de leur 69ᵉ sommet ordinaire. 

Dans un premier temps, cette réunion a pris la décision “de proroger le mandat du négociateur en chef, Dr Lansana Kouyaté, jusqu’en décembre 2026”. En quatre mois, cet ancien Premier ministre guinéen nommé à ce poste en mars dernier a pris langue avec la confédération des États du Sahel à travers des rencontres, dont sa visite en mai dernier à Ouagadougou où il a été reçu par le capitaine Ibrahim Traoré, président du Faso et en exercice de la confédération. 

“S’abstenir de conclure des accords bilatéraux avec les pays de l’AES”

Selon le communiqué final issu du sommet, la CEDEAO relève que “les négociations avec le Burkina Faso, le Mali et le Niger se dérouleront exclusivement sous la forme d’un bloc unifié”.  Ce qui constitue une évolution dans son approche qui est désormais conforme à celle de l’AES qui, dès janvier 2025, a défini “une approche globale de négociations avec la CEDEAO”. Laquelle tentait jusqu’ici de discuter individuellement avec chacun des trois pays. 

Avant l’ouverture formelle des négociations, l’organisation, affaiblie par le retrait des trois pays, fait une pressante voire une mise en garde à ses 13 pays membres. “Les États membres doivent s’abstenir de conclure des accords bilatéraux séparés qui menacent la cohésion de la CEDEAO”, peut-on lire dans le communiqué final, consulté par NouvelleAfrique. 

Des points de convergence à l’avance

Pour ce qui concerne les points de discussion, un consensus se dégage déjà. La CEDEAO a annoncé, dimanche, sa volonté de “préserver la mobilité régionale, les échanges économiques et les relations entre les peuples à travers l’Afrique de l’Ouest” lors des discussions en cours. En juin dernier, l’AES avait fait la même annonce, au cours d’un atelier à Ouagadougou, précisant “travailler à préserver les acquis” en matière de la libre circulation des personnes et des biens, du développement, des infrastructures et de la sécurité”. 

Sur la lutte antiterroriste, la CEDEAO souhaite “mettre en place un mécanisme pragmatique de coopération avec l’AES en matière de sécurité”. Son sommet de Freetown, ayant enregistré la participation de huit États sur les 13 attendus, a instruit le président de la Commission “d’approfondir le dialogue avec les pays de l’AES” à cet effet. Ladite commission aura à partir du 1ᵉʳ septembre comme président le Général Birame Diop, du Sénégal, ancien ministre sénégalais de la Défense, pour un mandat allant de 2026 à 2030. 

Au passage, Bassirou Diomaye Faye, président sénégalais ayant longtemps été facilitateur dans les discussions avec les pays de l’AES, devient président en exercice de la CEDEAO en remplacement  à son homologue sierra-léonais Julius Maada Bio. 

M.C/NouvelleAfrique

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