Si près de 75 000 combattants ont été enregistrés, c’est le contraire pour les armes lourdes détenues par les mouvements armés.

C’est au cours d’une rencontre organisée par le Conseil National de la Société civile que Abdoul Kader Sissoko a fait le point des opérations d’enregistrement des ex-combattants des mouvements armés. Ladite rencontre, tenue samedi 9 décembre à Bamako, portait sur l’avenir de l’Accord d’Alger après la reprise de Kidal.

 Abdoul Kader Sissoko a révélé que les opérations d’enregistrement des ex-combattants ont permis d’enregistrer un total de 74.918 combattants depuis sa signature. Ce nombre comporte 26.108 combattants enregistrés avec armes et 46.675 avec munitions.

Sur ce total, M. Sissko indique que 30.775 combattants sont éligibles à la réintégration. Les 44.143 autres doivent plutôt être orientés vers la réinsertion socio-économique.

 Cette réinsertion socio-économique est buttée à des difficultés de mobilisation de ressources. Elle est, précise M. Sissoko, «excessivement coûteuse» car il faut actuellement 2 millions FCFA pour réinsérer un seul combattant.

Un blocage installé

Un autre grand défi souligner par le chef de cabinet du Président de la CNDDR concerne la problématique d’enregistrement des armes lourdes.  «Dans le cas de l’enregistrement des armes, nous n’avons pratiquement pas enregistré d’armes lourdes alors que tout le monde voit dans les célébrations, les congrès des mouvements armés, des armes lourdes défiler partout. Aucune de ces armes lourdes n’a été enregistrée au cours de nos opérations», a affirmé Abdoul Kader Sissoko devant des organisations de la société civile. La commission a plutôt pu enregistrer des kalachnikovs, des fusils de chasse et des munitions.

Il a déploré «l’installation d’un blocage par certains mouvements armés dont la CMA ». Laquelle fait partie du Cadre Stratégique Permanent (CSP) qui «bloquait à son niveau les listes de combattants fournies par les mouvements».

Au-delà de ces combattants enregistrés, un DDR accéléré ayant concerné les éléments du Mécanisme Opérationnel de Coordination (MOC) a permis de cantonner plus 300 éléments dont 115 recrutés dans l’Armée. 

Ce bilan global est, selon l’intéressé, «en deçà des objectifs». En effet, il était prévu de faire «le désarmement six mois après la signature de l’Accord d’Alger», signé en mai-juin 2015.

Une opposition des jihadistes

D’autres défis ont rendu compliqué le processus de DDR. Il s’agit de l’hésitation de certains mouvements, de l’opposition des groupes jihadistes et de la recrudescence de l’insécurité dans les régions de Ségou et Mopti, entre autres.

Une vue du présidium lors de la rencontre sur l’avenir de l’Accord d’Alger

Malgré la reprise de Kidal, l’Accord d’Alger n’est pas officiellement mis dans les poubelles. Des discussions sont en cours pour réfléchir à comment remplacer la MINUSMA dans les dispositifs de sa mise en œuvre. Parallèlement, la justice malienne a ouvert en novembre dernier une enquête contre une dizaine de leaders jihadistes et rebelles pour des «infractions présumées d’associations de malfaiteurs, d’actes de terrorisme, de blanchiment de capitaux et de financement de terrorisme, de détention illégale d’armes de guerre et de munitions et de complicité de ces mêmes faits».

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici