A l’instar d’autres pays, le Mali a participé du 30 novembre au 12 décembre 2023, à Dubaï à la 28ème conférence des Parties sur le climat de l’ONU. Parmi le peu d’organisations de la société civile malienne présente à ce rendez-vous international figure l’ONG OSADL de Seïdina Oumar Maïga qui s’active pour une éducation au climat au Mali.

 Avec une délégation conduite par son ministre de l’Environnement Mamadou Samaké, le Mali n’est pas parti à la COP28 les mains vides. Il a lancé avec le Burkina Faso, la Guinée, la Mauritanie et le Tchad «l’Initiative sécurité climatique du Sahel», un projet régional. A côté de la partie gouvernementale, la société civile était à cette rencontre ayant débouché sur l’engagement de «l’abandon pur et simple des énergies fossiles».

Seïdina Oumar Maïga, jeune courageux et ambitieux, fait partie de la centaine de membres de la société civile malienne. Il est Directeur exécutif de l’Organisation pour la Solidarité et l’Appui au Développement Durable et Local (OSADL), une association érigée en ONG en mai 2022.

Des activités réalisées

L’idée de l’ONG a jailli après la COP26 à Glasgow en vue d’avoir un Accord-cadre juridique. Ce qui dénote, selon Seïdina Oumar Maïga, «le degré de sérieux» de l’organisation qui opère déjà dans toutes les régions du Mali. Elle touche à tout ce qui est l’environnement, l’Assainissement, la Protection de l’enfance, la formation continue. Elle a été créée en 2015 sous forme d’Association.

Le manque de moyen n’a pas empêché l’OSADL à mener des activités. En consortium avec d’autres organisations, elle a contribué à l’aménagement des sites maraîchers et à la réalisation des forages pour des femmes dans la région de Ségou en vue de créer des activités génératrices de revenus et de protéger l’environnement et la nature.

«On a eu à créer des conditions pour que les jeunes puissent faire l’aviculture et la pisciculture en créant les étangs, leur formant et donnant la matière première» a confié Seïdina Oumar Maïga, dans un entretien. Le choix des zones hors Bamako s’explique par le fait que le dérèglement climatique a beaucoup plus d’impact sur les coins reculés.

Une COP, trois objectifs

Selon le Directeur exécutif de l’ONG, il vaut mieux de créer les conditions de protection de l’environnement du haut vers le bas afin d’avoir plus d’impact, ajoutant que les femmes dans les contrées n’ont besoin que du minimum.

L’ONG participe constamment aux différentes COP qui abordent de thématiques liées à son champ d’action dont l’éducation climatique, la justice climatique, l’action climatique, la création des conditions d’adaptation et de résilience. Elle est allée à la dernière COP avec «le projet spécifique de continuer ses activités à deux ou trois niveaux».

Le premier concerne son programme d’éducation climatique. Il consiste à inculquer aux enfants la valeur de protection de l’environnement et à leur montrer les conséquences du dérèglement climatique, qui pose de sérieux problèmes dans nos contrées surtout au Centre et au Nord du pays. 

«On est plus focus sur l’éducation parce qu’on se dit que tout part de là. Peut-être que nous on n’a pas eu la chance d’avoir ces valeurs de protection de l’environnement mais nous essayons de créer les conditions à pouvoir apporter une autre vision, à former et éduquer nos enfants et nos jeunes», argumente son chef exécutif. Ce volet occupe une place importante dans son agenda 2024 qui prévoit la poursuite de l’éducation et la protection de la petite enfance, de la formation continue des enseignants en vue de préparer les enfants préscolaires puis leur inculquer les valeurs de la protection de l’environnement.

Le second objectif était de se battre pour ce qui revient aux pays victimes du dérèglement climatique. Il s’agit en l’occurrence du fonds perte et dommage qui a été «carrément triplé cette année». Le troisième point était de chercher à créer les conditions à pouvoir accompagner les populations et apporter des solutions d’atténuation.

Accompagner les sociétés civiles

M. Maïga appelle les États à s’impliquer davantage pour faire avancer les projets afin que nos pays puissent bénéficier de la grande muraille verte, des fonds climat, perte et dommage. Il indique que le problème du climat n’est pas «politique» mais plutôt «technique». Cela, en soulignant que les gouvernants doivent mettre le paquet pour accompagner les sociétés civiles.

Pour l’assainissement de la ville de Bamako, il propose au gouvernement trois options : passer par des structures ayant la capacité d’assainir la capitale, se reposer sur ses services techniques en les dotant de moyens ou faire venir des entreprises qui peuvent transformer les déchets.

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