Dr. Adama Coulibaly, Procureur du Pôle national de Lutte contre la Cybercriminalité a annoncé ce vendredi 10 mai 2024 l’ouverture des enquêtes après des propos blasphématoires contre l’islam.
Le 2 mai dernier, le Haut Conseil Islamique du Mali a dénoncé au cours d’un point de presse la multiplication des actes et props blasphématoires contre l’islam. Il avait demandé aux pouvoirs publics «de prendre des mesures rigoureuses contre tous les comportements blasphématoires».
Une semaine après sa sortie, le Procureur du Pôle national de Lutte contre la Cybercriminalité, Dr. Adama Coulibaly annonce l’ouverture des enquêtes. Selon ce dernier, ses services ont relevé ces dernières semaines sur le cyberespace des injures, des actes de dénigrement et de profanation des symboles de la religion musulmane par des individus non encore clairement identifiés et localisés sur le territoire national.
Le Procureur anti-cybercriminalité estime que la violence et le caractère odieux des propos et autres actes posés ne laissent aucun doute sur l’intention malveillante de leurs auteurs. Lesquels, souligne-t-il «cherchent à provoquer des troubles à l’ordre public sur fond de confrontations à connotation religieuse».
«Ces agissements, qui sont blâmables à tous égards et qui sont susceptibles de constituer des infractions à la loi pénale, ont déjà fait l’objet d’ouverture d’enquête conformément aux dispositions du Code pénal et de la Loi sur la Cybercriminalité qui seront appliquées dans toute leur rigueur», a-t-il annoncé dans son communiqué, rendu public dans l’après-midi de ce vendredi.
Son Pôle affirme également avoir relevé à la même période, sur le même cyberespace, des propos et déclarations d’incitation publique à la violence et au crime qui sont tout aussi inadmissibles et contraires aux lois de la République. «Ces actes aussi ont fait l’objet d’ouverture d’enquêtes conformément à la loi», renchérit le Procureur Coulibaly. Il rappelle qu’aucun agissement infractionnel ne sera toléré et appelle à la retenue et à œuvrer pour le triomphe des valeurs de tolérance, de vivre-ensemble et de respect mutuel ayant toujours caractérisé la société malienne.
Pour rappel, en novembre 2022, plusieurs personnes dont l’écrivain Doumbi Fakoly (kemites) avaient été interpellées puis incarcérées avant d’être relâchées après la diffusion d’une vidéo dans laquelle un jeune piétine le Saint Coran. Le Haut Conseil Islamique du Mali a évoqué ce cas dans son point de presse et estimé que les attaques contre l’islam se poursuivent sur les réseaux sociaux. Son bureau avait demandé aux musulmans de rester en alerte.
M.C