Bamako : les moto-taxis, un moyen de transport accessible mais qui inquiète

A Bamako, l’arrivée des motos-taxis a été un grand soulagement pour la population. C’est un moyen de transport très accessible mais qui suscite peu à peu l’inquiétude des usagers.

Au Mali, c’est la start-up « Telimani », qui a amené cette initiative en 2018. Avec à sa tête deux jeunes talentueux (Hawa Traoré et Abdoulaye Maïga), l’initiative visait à bouleverser le transport intra-urbain au Mali.

L’entreprise offrait ainsi aux citadins un mode de transport plus rapide, plus économique, plus sécurisé et plus complet. Elle proposait à ses conducteurs des conditions de travail attractives (accès à la propriété de la moto via leasing, des revenus supérieurs au smic et la sécurité sociale).

La situation a basculé depuis plus de trois ans lors que d’autres sociétés et des particuliers se sont lancés dans le domaine. Actuellement, aucune loi ne régis la mise en place d’une société des motos-taxis, qui inondent les artères de Bamako. 

2.500 à 5.000 F CFA de recette journalière

Sur le terrain, les conducteurs voient plutôt un tremplin pour gérer la crise économique. Ils se frottent les mains. « Je suis étudiant à la Faculté des Sciences Économiques et de Gestion. Je conduis cette moto lors que je n’ai pas de cours et cela me permet de gagner un peu plus. Mes parents sont au village et souvent je les envoie de l’argent », nous a confié Moussa Coulibaly. Il révèle avoir un contrat avec un particulier auquel il verse 2 500 de F CFA chaque.  Il s’agit là de la recette journalière qui varie de 25 00 à 5.000 de F CFA selon les propriétaires.

Il y a une sorte d’anarchie dans la fixation des prix. Si les sociétés professionnelles comme Télimani » fixait ses pris de transport à l’aide des applications de géolocalisation, les particuliers le font au négoce. C’est-à-dire le conducteur et le client négocient verbalement le prix.

Des avis partagés

 « Tous nos documents sont en règles mais il y a des personnes qui ont des motos semblables aux nôtres. Ils prennent des clients et ils les font passer comme des parents quand la police les siffle », confie un moto-taximan. Ce qui confirme une autre sorte d’anarchie dans le secteur qui n’est pas clairement régis par une loi.

Cette non-réglementation est perçue comme un facteur favorisant l’insécurité. « Je pense que nous sommes exposés. L’on ne sait pas qui est qui et dans quelle société la personne travaille. Où est ce que nous pouvons nous plaindre en cas d’incident ?», s’est interrogé, Ibrahima Sow, un usager.

Maïmouna Diarra, elle, utilise une méthode pour dissiper sa crainte avant d’emprunter une moto-taxi. Selon la jeune dame, elle regarde d’abord l’accoutrement des conducteurs puis échange avec lui pour tester le niveau de son Bambara.

Adam Sacko, une jeune entrepreneuse, quant à elle, n’utilise que les motos « Telimani ». Elle se base sur le fait celle-ci est une société de  « renommée et reconnue ». « J’ai déjà un conducteur de cette société que j’appelle régulièrement pour mes courses. En plus, en cas de problème, je sais où m’adresser », témoigne-t-elle, en appelant à appliquer les mesures.

Non-respect des mesures

En décembre 2020, l’État malien a adopté des mesures pour tenter de règlementer le secteur mais ces mesures peinent à être appliquées. Elles concernent la prise de carte grise, l’immatriculation, la désignation de la couleur jeune, la dotation de la moto d’un rétroviseur et deux casques, entre autres.

S’agissant du conducteur, il doit être âgé de 18 ans révolus, posséder d’une vignette de l’année en cours. Il doit également disposé d’un permis de conduire, d’une carte municipale d’autorisation de transport à jour délivrée par la mairie du District de Bamako.

De plus, le conducteur doit avoir une assurance en cours de validité et porter un gilet de couleur jaune. Ces mesures ne sont pas respectées à Bamako où tout détenteur de moto est un potentiel moto-taximan.

Il est difficile d’avoir le nombre exact d’accidents impliquant les moto-taxis. Toutefois, Selon l’Agence Nationale de la Sécurité Routière (ANASER), en 2022, il y a eu au Mali 8 189 accidents ayant occasionné 8 297 blessés et 684 morts.

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